avril 9, 2019

L’oeil de Colbert du 25 Mars 2019

by Hugo Trial in Non classé

L’essentiel :

  • Marché actions : les marchés ont plutôt bien résisté à l’annonce de la FED sur le ralentissement de la croissance. Le rebond depuis le début de l’année est toujours aussi significatif (+13% pour le MSCI Monde ACWI).
  • Marché obligations : le rendement des obligations souveraines est toujours aussi faible avec le bund 10 ans qui est maintenant à 0,001% et le T-bond qui est inférieur à 2,5%.
  • Etats-Unis : l’indice de l’activité régionale (Empire State Manufacturing) est sorti à la baisse alors qu’il était prévu en légère hausse.
  • Zone euro : le climat des affaires se dégrade encore un peu plus : l’indice PMI composite est passé à 51,3 contre un consensus prévu à 52,0.
  • Pays émergents : la Banque Centrale des Philippines a conservé son taux directeur inchangé pour la troisième fois consécutive à 4,75%. La dernière hausse date de 2018 avec une augmentation de 175 bp.

Colbert, au rapport !

L’année 2018 a été difficile pour les investisseurs avec des corrections violentes notamment en fin d’année. L’année 2019 est pour le moment d’une vigueur tout à fait vivifiante mais pas si étonnante. En effet, depuis le début de l’année, les marchés actions ont retrouvés de belles couleurs alors que les rendements des obligations souveraines ont continué à chuté : nous nous retrouvons maintenant avec un taux 10 ans allemand (bund) quasiment à 0% alors que le taux 10 ans américain (T-bond) est lui passé en-dessous de 2,5%.

Ce rebond n’est pas si surprenant et, après vous avoir mis en garde dès septembre 2018 sur des valorisations excessivement élevées des marchés financiers, nous avions anticipé ce rebond (certes, pas dans cette ampleur). Ainsi, les forces à l’œuvre sont doubles :

  • Une attractivité retrouvée pour les actions qui était redevenues (un peu) plus attrayantes après le correction sévère de 2018 ;
  • La Fed qui a modifié ses perspectives en actant un ralentissement de la croissance mondiale ;

Pour autant les fondamentaux ne se sont pas améliorés et, par conséquent, ne justifie pas ces performances. Les prévisions de croissance ont été révisées à la baisse dans les principales économies, et en particulier dans la zone euro. Cet environnement de croissance plus risqué a obligé les grandes banques centrales à adopter un ton plus accommodant.

En conséquence, nous pensons que le resserrement de la politique monétaire dans les économies développées est terminé :

  • Nous nous attendons à ce que le prochain mouvement de la Fed soit une baisse des taux. La Fed a signalé qu’il n’y aurait pas de hausse de taux cette année. La Fed a également annoncé que la réduction de son bilan serait complètement interrompue à partir de septembre.
  • Nous ne prévoyons également pas que la BCE relève les taux d’intérêt. Contrairement à la Fed, la BCE n’avait même pas commencé la normalisation de sa politique monétaire. Nous pensons que le programme d’achat d’actifs de la BCE a pris fin en décembre dernier pour des raisons techniques.

La BCE et la Fed ont envoyé des signaux plus forts en faveur d’un environnement de taux bas pour une période prolongée. Le contexte de faible volatilité et de taux bas soutiendra la « recherche de rendement » tant que les investisseurs resteront à l’aise avec les fondamentaux.

A ce stade, le scénario idéal est une croissance proche du potentiel combinée à une politique monétaire très accommodante. Une stabilisation de la croissance permettrait une hausse (très limitée) des rendements souverains. En tout état de cause, la croissance mondiale ralentit. Le prochain élément clé sera un consommateur américain moins fort. Draghi a explicitement cité les États-Unis comme un risque pour les perspectives économiques de la zone euro.

 

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