mars 18, 2019

L’oeil de Colbert du 18 Mars 2019

by Hugo Trial in Non classé

L’essentiel :

  • Marché actions : la semaine dernière était marquée par une baisse liée aux statistiques très moyennes concernant l’emploi. La bourse américaine a rebondi en début de semaine et les autres places boursières ont suivi dans son sillage grâce notamment à un redressement de la demande de biens durables en janvier pour le 3e mois d’affilé. Cependant, un tassement de cette dynamique était à l’œuvre en raison des déclarations de Trump sur les négociations commerciales avec la Chine.
  • Marché obligations : les obligations souveraines à long terme aux Etats-Unis et en Europe restent sous pression.
  • Etats-Unis : l’inflation est plus faible que prévue pour février avec un indice des prix à la consommation (IPC) global de 1,5%. L’indice des prix à la production (IPP) a également déçu, les mesures officielles et sous-jacentes perdant de leur dynamisme.
  • Zone euro : la production industrielle en hausse de 1,4% en janvier par rapport à décembre contre un consensus attendu à 1% et un recul de -0,9% au moins d’avant. A noter que cette hausse est visible en France (+1,3%), en Italie (+1,7%) et surtout en Espagne (+3,6%). Toutefois, l’Allemagne est en recule à -0,9%.
  • Pays émergents : le PIB turc est en net recul au 4ème trimestre 2018 avec -3,0% en glissement annuel et de -2,4% par rapport à T3 2018. La croissance en 2018 ressort donc à 2,6 %, un chiffre inférieur aux prévisions du gouvernement qui misait sur une progression du PIB de 3,8 %, et bien en deçà des 7,4 % de croissance enregistrés en 2017. C’est le taux de croissance le plus faible depuis 2009 en raison d’une forte baisse de la demande intérieure.

Colbert, au rapport !

Les résultats de 2018 pour les entreprises étaient plutôt excellent. Cela fait peser un risque sur ceux de 2019 car la déception guette en comparaison de 2018. Ainsi, le consensus a baissé rapidement : d’après IBES, la croissance des bénéfices par actions (BPA) 2019 est passée de +10% à +5%. Par ailleurs, les prévisions macroéconomiques sont plus négatives encore.

Dans ce contexte incertain, la saison des résultats en cours (4e trimestre 2018) apporte un éclairage utile sur les dynamiques récentes et les perspectives. S’agissant du S&P 500 aux Etats-Unis, les résultats du 4e trimestre semblent, de prime abord, très satisfaisants avec +17% de hausse et un écart de +3% par rapport aux attentes. Après trois trimestres remarquables (+27% au 1er trimestre, +25% au 2e et +28% au 3e ), le contraste est toutefois marqué d’autant qu’en octobre, le consensus tablait encore sur +20% au 4e trimestre, ce qui relativise les fameuses « bonnes surprises » qui révèlent surtout l’effort des relations investisseurs jusqu’à la veille de la période d’embargo.

Toutefois, c’est surtout à partir du 1er trimestre 2019 que nous pourrons prendre la pleine mesure du ralentissement. Entre la dissipation des effets de la réforme fiscale, la décélération de la croissance domestique, les hausses de salaires et les incertitudes internationales, les guidances des entreprises sont devenues très prudentes, le consensus ne tablant plus que sur -1,5% au 1er trimestre et +4% sur l’ensemble de l’année, contre +24% en 2018.

En Europe, les entreprises du Stoxx 600 ont connu une stagnation des résultats (+1%) mais un tassement des marges. Par secteur, l’énergie a continué de briller (+21%) mais la consommation cyclique (-14%) a été déprimée du fait de l’automobile. La lourdeur de ce secteur (nouvelles normes WLTP et ralentissement chinois) a pesé sur l’Allemagne (-26%), alors qu’entre énergie et santé, le Royaume-Uni s’est distingué (+20%).

Sur les marchés émergents, la saison des publications n’en est qu’à mi-parcours avec, jusque-là, des résultats stables mais des surprises principalement négatives.

Au total, les prévisions bénéficiaires 2019 se sont drastiquement ajustées depuis l’automne dernier et la saison des résultats en cours n’a fait que confirmer cette tendance. Pour autant, le marché a nettement rebondi depuis début janvier. Pour aller au-delà, la politique monétaire s’étant déjà beaucoup assouplie, il faudra impérativement que les risques obérant la croissance mondiale – protectionnisme, atterrissage brutal de la Chine, Brexit dur – s’aplanissent. D’ici là, la volatilité va perdurer.

 

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