février 12, 2018

L’oeil de Colbert du 12 février 2018

by Colbert in Market news

L’essentiel

  • Marché : la volatilité a fait son grand retour et les taux longs se sont légèrement appréciés dans leur ensemble
  • Etats-Unis : les premières demandes d’allocations-chômage sont toujours en baisse, c’est bon signe !
  • Zone euro : le climat des affaires est toujours très positif

A la loupe : l’après-Brexit, toujours le brouillard !

L’accord politique de décembre 2017 permet une transition en douceur pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Cette sortie reste toujours prévue pour mars 2019.

Les risques de Hard Brexit (rupture totale avec l’Union Européenne) sont donc réduits. Cependant, c’est toujours le flou le plus total concernant la position du Royaume-Uni sur la politique de libre-échange souhaitée avec l’Union Européenne.

Cette politique est déterminante car elle ne concernera pas seulement les biens mais également les services. Les services financiers sont essentiels pour l’économie britannique et plusieurs grands groupes financiers ont déjà fait part de leur intention de quitter le Royaume-Uni : la City tremble…

C’est un véritable levier dont dispose l’Union Européenne pour imposer ses conditions et mettre sous pression Theresa May dont la position est fragilisée par les divisions du parti Conservateur.

L’Union Européenne est en tout cas toujours unie pour que les conditions se soient pas plus favorables à un Royaume-Uni extérieur à l’Union Européenne qu’en son sein.

Au rapport : les marchés du crédit vs les marchés d’actions

Depuis le début de l’année, nous assistons à une hausse des rendements souverains à long terme. Par exemple, le rendement à 10 ans des T-Bonds (Made in USA) a touché 2,8% et celui de nos voisins allemands (les Bunds) a dépassé les 0,7%.

Pourquoi Colbert ? Plusieurs facteurs entrent en action et vont dans le même sens :

  • Révision importante et à la hausse des anticipations des Fed Funds c’est-à-dire des taux d’intérêt aux Etats-Unis
  • Confirmation de la réduction de la politique de quantitative easing, c’est-à-dire des politiques monétaires accommodantes qui consistent notamment à acheter des emprunts d’Etat. Par exemple, la Banque Centrale Européenne a réduit de près de 60% le rythme de son programme d’achats d’emprunts d’Etat.

Les rendements obligataires augmentent et, dans le même temps, les salaires américains continuent d’augmenter ! Ce dernier facteur a entraîné un repli sur le marché actions et nous a permis d’assister au retour de la volatilité sur les marchés : l’indice de la volatilité des marchés était en hausse pour la première fois depuis trois ans. Les marchés des actions, particulièrement hauts actuellement, ont donc corrigé sous l’effet conjugué des facteurs suivants :

  • Anticipations de bénéfices plutôt élevées mais qui risquent d’être contrebalancées par la hausse des salaires et du coût des emprunts !
  • La hausse des rendements obligataires : c’est le principe des vases communicants. A partir du moment où les obligations « rapportent » plus, les investisseurs se détournent (un peu) des actions pour acheter de nouveau des obligations…

Avec toutes ces informations, nous aurions pu penser que les marchés du crédit d’entreprise auraient suivi la même tendance alors qu’ils ont plutôt bien résisté et les spreads des dettes des pays Européens se sont resserrer : l’Europe connait des conditions économiques plus vues depuis longtemps : la croissance est la plus rapide depuis près de 15 ans !

Performance des principaux indices